Le blog de Premdas

        Il y a 30 ans, je suis allé en Inde afin d'y prendre contact avec un maître que je n'avais rencontré qu'un cout moment mais qui m'avait impressionné. Il m'a essentiellement demandé de méditer  deux fois par jour, pendant 30 minutes et à heure fixe. On m'avait chanté les louanges de ce maître du tantra cachemirien. Il était très puissant. Je m'attendais donc à de merveilleuses méditations pleinesdedécouvertes transcendantes et agréables.

        Je me suis donc lancé avec enthousiasme dans l'aventure, mais j'ai bien vite déchanté. A ma profonde déception, c'est en effet l'ennui qui s'est présenté. Je me suis retrouvé plongé dans un ennui véritablement mortel, d'un poids, d'une épaisseur et d'une obscurité tout à fait indescriptibles. Parfois, n'y tenant plus, je regardais ma montre et je me disais : "Encore dix minutes...encore cinq minutes".

        Mais, au bout d'un long temps de cette activité immobile et crucifiante(plusieurs années), il m'a été donné de réaliser que je me souciais trop de méditer pour moi, pour progresser, pour réaliser mon idéal. J'ai alors fait comme un saut dans la gratuité. Et je me suis mis à m'asseoirn, non plus pour moi-même, mais pour un Au-delà de moi-même.

        En somme, je me suis alors assis pour rien - mais un rien qui mériterait peut-être une majuscule. "Le juste vit sans pourquoi" prêchait maître Eckhart. 'La rose vit sans pourquoi" écrira plus tard Angelus Silesius. J'ai donc commencé à être libéré du "pourquoi" et du "parce que". Je me suis timidement lancé dans une voie plus dégagée des impératifs du mental.

Sam 26 jan 2008 1 commentaire
J'ai beaucoup aimé votre article, il me rapelle mes propres expériences.
Besa Sopdetmuti - le 01/11/2009 à 09h13