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  • Spiritualité religion sens de la vie
  • Je suis passionné par le sens spirituel de la vie. Je me situe comme disciple du Christ ayant trouvé un grand enrichissement dans l'Hindouisme et les nouvelles quêtes spirituelles. J'ai eu un maître tantrique.

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Samedi 28 mai 2011 6 28 /05 /Mai /2011 08:10

Keshab Chandra Sen est un Indien peu banal du XlXème siècle. Ce que je trouve passionnant dans sa vie, c'est qu'a été sans cesse en mouvement. Il était un chercheur -et donc un découvreur- permanent. Sa mère lui avait inculqué un amour de l'harmonie et une soif de tolérance dont il fera preuve toute sa vie.

Il fait ses études dans une célèbre université anglaise où il entre en contact avec le protestantisme. Il y perd confiance en la dévotion hindoue aux "idoles". Mais il évoluera sur ce point et déclarera plus tard que statues et images sont respectables en tant qu'expressions directes de l'Etre unique. Il entend une voix en lui qui lui déclare : "Prie et tu seras sauvé. Ton caractère s'améliorera. Tu recevras tout ce qui te manque".

Il se retrouve partagé entre sa propre tradition et ce qui lui vient de l'occident. Il se lance dans la lecture de la Bible et se fait accuser d'être devenu chrétien -une accusation très grave et très dangereuse (risque de rejet total de la caste et de la famille). Il se sent attiré par le célibat mais, la pression sociale l'ayant amené au mariage, il aura des enfants.

Meneur et organisateur, dès 18 ans, il lance divers groupes, soit pour aider les défavorisés (dont les femmes), soit pour développer la culture, soit pour aider à la vie spirituelle.. Le plus célèbre et le plus durable sera le "Brahmo Samaj" ou "Assemblée divine". On y renonce à sa caste et aux liturgies "idolâtres". On y étudie à la fois la Bible et les Ecritures hindoues. L'association et son fondateur deviennent célèbres jusque dans les villages les plus reculés.

Dans le grand hall des conférences de Calcutta, Sen entame une série d'exposés annuels qui révèlent son évolution personnelle. Dès sa première intervention, il affirme sans ambages que Jésus est devenu le centre de sa vie. "Jésus, déclare-t-il, est le plus grand et le plus authentique bienfaiteur de l'humanité". Et il fait l'éloge des missionnaires chrétiens. Il prêche en faveur d'une harmonie anglo-indienne. Il rappelle que Jésus était un asiatique. Résultat : protestation des hindous qui estiment que Sen est en train de se convertir à la foi chrétiene. D'où un second discours sur les grands hommes : Luther y sera cité...mais pas Jésus! Sen restera toute sa vie inclassable, aussi bien pour les hindous que pour les chrétiens. Dans un autre discours, il prendra du recul vis à vis du courant le plus répandu de l'hindouisme en affirmant que le monde est réel et que l'âme humaine est différente du Divin.

Arrive alors dans sa vie un événement capital : il part en Grande Bretagne où il découvre une société bien éloignée d'une vie selon l'évangile, contrairement à ce qu'il avait naïvement imaginé. "Le résultat de ma visite en Grande Bretagne, dira-t-il à son retour, est que j'y suis parti comme indien et que j'en suis revenu comme indien confirmé; que j'y suis allé comme théiste et que j'en suis revenu comme théiste confirmé". Sensible jusque là à l'apport de l'occident à l'orient, il réalise tout l'apport que l'orient peut apporter à l'occident. "Dois-je avaler, se dit-il, toute la théologie présentée au monde comme étant le christianisme? Ou y a-t-il quelque chose de plus simple?" Il exprime son problème dans la prière et, raconte-t-il," la réponse que je reçus fut que, si j'aimais mon Dieu avec tout moi-même et si je servais l'homme comme mon frère...je serais assuré d'hériter la vie éternelle". "Jésus n'est pas une proposition à croire". Le christianisme est d'abord quelqu'un à aimer".

Il crée l'Eglise de la Nouvelle Dispensation, c'est à dire d'une nouvelle ère de salut pour l'Inde, "un nouveau développement des dispensations passées". Le salut semble pour lui un accomplissement plutôt qu'une réparation. Il se réalise non par une "machinerie sophistiquée" (les Eglises), non par une "volumineuse théologie", mais par un pouvoir; en effet, la parole de Dieu est avant tout un pouvoir, et non une matière à réflexion et à débats. Il progresse vers une adhésion de plus en plus précise au Credo chrétient, jusqu'à intituler une de ses dernières conférences: "Ce merveilleux mystère : la Trinité".

Comme beaucoup d'Indiens, il meurt du diabète le 8 janvier 1884.


Par Premdas - Publié dans : Spiritualité
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