Samedi 26 janvier 2008
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Il y a 30 ans, je suis allé en Inde afin d'y prendre contact avec un maître que je n'avais rencontré qu'un cout moment mais qui
m'avait impressionné. Il m'a essentiellement demandé de méditer deux fois par jour, pendant 30 minutes et à heure fixe. On m'avait chanté les louanges de ce maître du tantra cachemirien. Il
était très puissant. Je m'attendais donc à de merveilleuses méditations pleinesdedécouvertes transcendantes et agréables.
Je me suis donc lancé avec enthousiasme dans l'aventure, mais j'ai bien vite déchanté. A ma profonde déception, c'est en effet l'ennui qui s'est
présenté. Je me suis retrouvé plongé dans un ennui véritablement mortel, d'un poids, d'une épaisseur et d'une obscurité tout à fait indescriptibles. Parfois, n'y tenant plus, je regardais ma montre
et je me disais : "Encore dix minutes...encore cinq minutes".
Mais, au bout d'un long temps de cette activité immobile et crucifiante(plusieurs années), il m'a été donné de réaliser que je me souciais trop de méditer
pour moi, pour progresser, pour réaliser mon idéal. J'ai alors fait comme un saut dans la gratuité. Et je me suis mis à m'asseoirn, non plus pour moi-même, mais pour un Au-delà de
moi-même.
En somme, je me suis alors assis pour rien - mais un rien qui mériterait peut-être une majuscule. "Le juste vit sans pourquoi" prêchait
maître Eckhart. 'La rose vit sans pourquoi" écrira plus tard Angelus Silesius. J'ai donc commencé à être libéré du "pourquoi" et du "parce que". Je me suis timidement lancé dans une voie plus
dégagée des impératifs du mental.
Par Premdas
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